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Suite de l’interview de Jeff Dominguez, ingé-son façade

Sono : Tu as fait autre chose que du rap sur scène ?
Jeff Dominguez : Bien sûr, je me suis par exemple éclaté avec Pierpoljak, avec cuivres et tutti quanti et honnêtement maintenant j’ai envie de faire du rock avec un bon groupe. Malheureusement en France, quand tu rentres dans un truc, t’es immédiatement étiqueté. Tu fais du rap et c’est tout. C’est vrai que ça fait 15 ans que j’ai en moi cette culture Hip-Hop et que j’en vis en studio. Ca ne va pas être simple de me positionner sur un autre style musical.

Sono : Tu as besoin de sortir vraiment du studio ?
Jeff Dominguez : Ah non pas du tout, le studio c’est ma vie. Je suis un perfectionniste et la scène ne peut pas me satisfaire pleinement de ce point de vue. Par exemple j’ai préféré le grave d’hier soir à celui de ce soir. Mais Mélanie était encore meilleure ce soir. Il faut savoir accepter ces différences de date en date, mais venant du studio où l’on bosse avec des références fixes, j’ai du mal. En studio, si quelque chose ne me plaît pas, on a tout le temps qu’il faut pour l’arranger ou le refaire. Ici c’est une bagarre perpétuelle avec l’acoustique des salles, les réglages… C’est chaque soir différent. L’autre jour on était dans le Zénith de Pau, j’ai trouvé qu’il sonnait mat et précis, on aurait dit une cabine de studio et là, tu peux bosser avec moins de compromis. Maintenant c’est vrai que le live t’apporte un kif unique et j’ai une équipe en béton avec moi. Honnêtement ce soir j’ai kiffé (moi aussi NDRL) et Mélanie a assuré. C’est dur d’envoyer comme elle le fait pendant des heures. Elle n’arrête pas une seconde.

Sono : J’ai l’impression qu’elle a une mémoire redoutable Mélanie…
JD : N’en parlons pas (rires) On cherchait un CD d’avant scène, elle me sort 3 CD et me dit « prend tel morceau » et hop, elle me les chante tous les trois. Quand elle cite l’équipe à la fin du concert, il n’y a pas un oubli ou une erreur. Elle est sur professionnelle et sur carrée. Perfectionniste à l’extrême. Nous avons une réunion d’avant et d’après concert à chaque date et je peux te dire qu’elle se souvient parfaitement de quel instant dans le show ne lui a pas plu. Le pain elle te le raconte pile poil. Moi, j’ai plein de trucs où je me dis que je dois faire telle ou telle correction mais arrivé à la fin de la soirée, je ne me souviens plus que du truc vraiment craignos. Pas elle, mais c’est du bonheur car elle sait vraiment ce qu’elle veut et c’est rassurant pour tout le monde. Je suis super heureux d’être là.

Sono : T’en es où avec tes oreilles ??
Jeff Dominguez : Sincèrement je suis fatigué, je m’en rends compte. J’enchaîne beaucoup de dates et je me demande comment font les gars qui ne font que ça. Quoi qu’il en soit, je fais vachement attention. Il y a plein de jeunes, des enfants et je ne peux pas leur enfoncer les oreilles. De plus, au Zénith de Paris, ça ne sert à rien de jouer trop fort, il ne sonnera pas mieux. A Pau en revanche tu peux t’éclater plus, enfin plus, je n’envoie jamais plus que la norme, 105 dBA c’est largement suffisant. Pour en revenir à mes oreilles je suis fatigué car ça fait un an et demi que je tourne et autant je peux doser le volume en studio et me prendre la tête une nuit entière sur une Auratone super doucement, autant en concert c’est impossible. Entre la balance et le show, je me mets plus de 3 heures à 100 dB dans le pif. J’ai appris à faire gaffe avec le temps. Je suis un ancien DJ et un ancien raveur, je reviens de très loin. Maintenant, quand je vais dans certaines cabines DJ, je suis carrément oppressé par le volume, c’est nul. Mehdi par exemple, il est exceptionnellement mature, il a pigé que s’il continue à déconner il va flinguer sa carrière. Il a entamé la tournée à donf et là il commence sérieusement à baisser. Il a du baisser de 7 à 8 dB et c’est énorme.

Sono : Après cette tournée tu comptes faire quoi ?
Jeff Dominguez : Je repars en studio, j’ai un album à faire et ça me tient à cœur de retrouver mon ambiance au moins jusqu’au jour où Diam’s va me rappeler et là, je ne pourrai pas dire non (rires) J’ai le matos, j’ai les gars et surtout j’ai le kif. Cette nana je l’adore. Nous formons une petite équipe qui se connaît bien et il se passe un truc génial entre nous. Ce qui compte pour moi c’est surtout l’aventure humaine et avec elle, on est servi.



Mehdi en pleine balance sur son podium en dessous duquel, mais c’est de bonne guerre et le public n’y voit que du feu, sont garés de nombreux racks & accessoires divers.

En pleine répète J-Mi Lerouge, au premier plan, et au second plan son alter ego pilotant la seconde PM5D RH Philou Parandiaran.

Le rack des récepteurs Shure pour les micros UHF-R et des émetteurs PSM700 pour les ears des guests.

Phil Parandiaran devant sa PM5D RH.

Le micro de Mélanie mis à sa disposition par Dispatch et gravé de son nom de scène.

Le vrai faux piano, léger à manipuler, joli à voir avec son couvercle en verre et son look authentique, surtout vu d’en bas, mais cachant un clavier maître pour la commodité et la rapidité de mise en œuvre, une solution adoptée aussi par des artistes « pianistes » tels que Pascal Obispo.

La console retours principale. Si vous avez le sens de l’observation, vous ne devriez pas rater la télécommande de la TC6000 qui est l’unique « effet » utilisé en monitoring. Elle est posée en haut du rack central sur la droite de la photo.

Une des planques de Typat avec le SIM3 de Meyer et la visualisation de deux courbes, en haut l’amplitude et en bas la phase, une tablette graphique pilotant le Lake Contour et du bon Galileo pour clore le chapitre sound design, autant dire que plus que jamais c’est « bas les pattes » pour tout le monde !!

Jeff en pleine action. Comme tout bon ingé son studio, il a besoin d’écouter fréquemment certaines sources séparément des autres, d’où le casque, seul moyen pour se couper l’espace d’un instant de la salle.

Au premier plan Florent Livet et juste derrière lui la main sur la Midas, Jeff Dominguez

La zone séparant la scène du public avec un renfort en sub assuré par des M3D-Sub et des UPA pour les fans agglutinés contre les barrières. Remarquez aussi les bains de pieds en train d’être installés et n’ayant vocation qu’à être employés en cas de défaillance des ear-monitors.

Une partie des renforts spécifiquement prévus pour le Zénith de Paris. 3 M3D-Sub avec pour leur tenir compagnie et surtout compléter leur « coffre » 4 M’elodie chargés du haut. Bien entendu un ensemble à multiplier par deux.
Ecrit par LENARRATEUR, le Vendredi 1 Juin 2007, 15:39 dans la rubrique "Actualités".